La cause de la mort de Loubna demeure mystérieuse

Vendredi 14 mars 1997

L’autopsie ne peut conclure. Bruxelles rouvre le dossier Cavas et la famille Bosmans pourrait s’adresser à Neufchâteau.

Les résultats de l’autopsie de la petite Loubna n’ont toujours as permis de déterminer les causes exactes de la mort de la fillette. Patrick Derochette affirme que Loubna a heurté de la tête la caisse à outils dans laquelle elle fut retrouvée, mais aucune trace de coup n’est décelable sur le crâne. Elle aurait cependant pu heurter la caisse de la tempe, ce qui ne laisse pas de trace visible à l’autopsie.

Dans une autre version, Derochette a affirmé que Loubna était tombée à la renverse dans la caisse et qu’il aurait refermé le couvercle sur elle, pour ne s’inquiéter du sort de la fillette que quatre jours plus tard. La position du corps au moment de sa découverte indique toutefois que la fillette a été déposée dans le coffre alors qu’elle était déjà morte. Le corps était en effet couché sur le côté.

DOMICILES PERQUISITIONNÉS

Hier, plusieurs perquisitions ont été menées dans des lieux et maisons autrefois fréquentés par Patrick Derochette et sa famille. Les enquêteurs ont tout d’abord visité vers 13 h 30 une maison sise 245 rue du Trône, à proximité de la station-service. Cette maison, dont le propriétaire actuel n’a rien à voir avec les Derochette, avait été la propriété de Thierry Derochette, le frère de Patrick. Le meurtrier de Loubna y avait résidé d’octobre 1991 à septembre 1994 avant de s’installer au 198 de l’avenue de la Couronne. Les enquêteurs de Neufchâteau ont également perquisitionné un garage de l’avenue Nouvelle. Ce box appartient à l’actuel propriétaire du logement occupé par Patrick Derochette et son épouse Malika. Le meurtrier de Loubna l’utilisait régulièrement. Les enquêteurs ont emporté quelques menus objets.

Hier matin, des camions-citernes de la Protection civile ont procédé au dégazage des citernes de la station-service. La compagnie pétrolière a par ailleurs indiqué son intention d’intenter une action en dommages-intérêts contre Jean Derochette, le père de Patrick, qui sera en outre expulsé du logement qu’il occupait au-dessus de la station.

Les travaux de fouilles se sont poursuivis dans l’imprimerie désaffectée et l’ancienne «clinique du radium» de la rue Wéry. Les enquêteurs s’interrogeaient sur la présence possible de «sous-caves» qu’aurait pu avoir aménagées le dernier occupant des lieux, le grossiste en armement Raida Intertraders.

Cette société, aujourd’hui faillie, avait aménagé dans une partie du bâtiment désaffecté un dépôt d’armes et de munitions, au grand dam des habitants du quartier. Raida Intertraders était notamment l’importateur des pistolets monobloc Glocke. Le nom de cette société avait été citée dans le cadre de l’enquête sur les tueries du Brabant et dans l’affaire Mendez. Elle avait fait l’objet d’enquêtes menées par la 2e section de recherches criminelles de la BSR de Bruxelles pour infraction à la législation sur les armes. L’un de ses gérants avait par ailleurs été inquiété dans une affaire de stupéfiants.

CAVAS : ENQU ETE ROUVERTE

Par ailleurs, on a appris que le parquet de Bruxelles avait relancé l’enquête sur la disparition à Molenbeek, en février 1985, du petit Gevrije Cavas, un gamin turc dont on est sans nouvelles depuis. Gevrije avait subitement disparu alors qu’il jouait au football, rue Ransfort. Les recherches menées à l’époque dans le quartier n’avaient rien donné. Le juge d’instruction n’avait pourtant pas lésiné sur les moyens. D’anciens réservoirs avaient ainsi été sondés et détruits pour les besoins de l’enquête. Il en avait coûté un million de francs.

Enfin, l’avocat de la famille de Conrad Bosmans, Me Jadoul, a rencontré jeudi le juge d’instruction Bulthé, toujours chargé de l’enquête sur la disparition du jeune pompiste de la station Texaco- du boulevard Général Jacques où se rendait souvent Derochette. La famille décidera dimanche si elle se constitue partie civile à Neufchâteau.

Me Jadoul a par ailleurs confirmé que le maman de Conrad Bosmans avait bien reconnu «avec 95 % de certitude» les jeans noirs de son fils parmi les 4.497 vêtements retrouvés aux domiciles des suspects de l’affaire Dutroux. Une identification que les enquêteurs s’efforcent de confirmer.

MARC METDEPENNINGEN

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One Response to “La cause de la mort de Loubna demeure mystérieuse”

  1. kruitvat Says:

    http://archives.lesoir.be/la-cause-de-la-mort-de-loubna-demeure-mysterieuse_t-19970314-Z0DFHF.html

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